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NOTES DE VOYAGES
(1988) 01. Choubi 02. Freilach Suivi De Sha Still 03. Danse Yiddish 04. Ya Milava 05. Danse Bulgare 06. Django 07. Ara Vaï 08. Sirba D’accordeon 09. Ela Ela Suivi De Matchmakers 10. Macha 11. Hora Roumaine1 12. Paploma 13. Sirba De Violon 14. Yes Kou Rimet Tchem Guidi En pratiquant depuis sa naissance le " jouer tsigane ", Bratsch le ramène à sa fonction première de plaisir (ivresse de jouer, joie d’ouïr), loin des compilateurs sectaires, loin des reproducteurs stériles. Mais l’éclectisme du répertoire n’exclut pas la fidélité, et la fidélité fait bon ménage avec la fantaisie, de même que la graine du bouleau, portée par le vent, ira planter un autre arbre identique au premier et qui pourtant vivra, dans une farouche indépendance, sa vie d’arbre. Ainsi, leurs chants, leurs danses courent, chevaux sauvages, au grand galop, qu’il excitent de leurs cris, de leurs " opa ", " opcha ", - Enregistré en février - mars 1988 par Joseph RACAILLE au Frigo PALACE - Production Joseph RACAILLE et Bruno GIRARD pour APASACA - Ange tutélaire Louis GRIMEL - Photo Daniel PYPE - Conception et réalisation maquette Jean-Louis BOULITTE, |
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SANS DOMICILE FIXE
(1990) 01. Opa Tsupa 02. Doina 03. Sirba D’accordeon 04. Ivouchki 05. Maminka 06. A Romalei Te Djilas 07. Joulik 08. Hora Roumaine. Lady Be Good 09. Dicav A Dro Soune 10. Genchina 11. Opa Ni Nanai 12. Noubar 13. Odessa Bulgar 14. Dona Dona 15. Dan’s Freilach 16. Hora. Aven Nachass Tussa 17. Hora Lui Sile. Place De Brouckere 18. Django 19. Nie Bouditie Production AZIMUTH / NIGLO - Enregistré en février 90 au studio DAMIENS. Ingénieur du son : Xavier ESCABASSE. Conception et réalisation de la maquette Jean-Louis BOULITTE. |
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TRANSPORTS EN
COMMUN
(1991) 01. NANE TSORA (Chant traditionnel tzigane. Argt. : D. Gharibian) 02. DETOURNEMENT BULGARE - Paroles : D.Gharibian - F.Castiello Musique : F.Castiello 03. SARI SIROUN YAR - Chant arménien. Auteur : G.Achot Argt. D.Gharibian 04. SICAR MANGUE DROM - Musique : B.Girard 05. LE RINDOVANI - Paroles et Musique : B.Girard 06. ER NEMO KLANTZ - Air traditionnel Noumache Musique : N.Peylet 07. AVREML DER MARVIKHER - Auteur : Mordechaï Gebirting. Chant et Argt. : B. Girard 08. CHIAR DACA DAU DE NECAZ - Musique traditionnelle Roumaine. Argt. : B. Girard 09. JOC - Musique Traditionnelle Roumaine. Argt. : B. Girard 10. HUMMUS BLUES - Musique : F.Castiello 11. Monologue pour MIMILO - Musique : F.Castiello. Argt. : B. Girard 12. SANKE MENA PALIKARI - Traditionnel Rébético grec. Argt. : D. Gharibian 13. RABIZ - Paroles et Musique : D.Gharibian 14. MARUZELLA - M : R.Carosone Par. : E.Bonagura Chant et Argt. : F. Castiello 15. KALINA MALINA - Chant traditionnel tzigane. Argt. : N. Peylet Conte psycho-gastronomique Il était grilheure. Ils étaient assis tous les cinq autour de trois tables exiguës d’une gargote accueillante dont les spécialités, à la carte, les avaient surpris, pour un restoroute de cet acabit. Mâcha, la serveuse, son petit carnet à la main, attendait de prendre la commande. Pierre, qui n’avait pas de vis-à vis et jouissait, de ce fait, d’un peu d’espace libre devant son assiette, envisageait de se régaler d’un plat copieux, voire alambiqué. En même temps, le visage de la jeune femme en tablier brodé, dont la hanche confortable venait s’appuyer négligemment contre l’arête du plateau de formica, ne lui était pas tout à fait étranger, et cela l’intriguait. Où pouvait-il l’avoir rencontrée ? -Qu’est-ce qu’il y a dans le Opa Tsupa ? demanda-t-il pour gagner du temps. Sa culture, c’ était le jazz avant tout. Il avait de ce fait travaillé au sein de nombreuses formations du genre et de toutes tailles, mais aussi avec un groupe de musique et danses traditionnelles juives. Pourtant, Mâcha n’était sans doute pas danseuse : elle boitait légèrement. Pierre était un peu échevelé, mal rasé, et son regard clair, tandis que la serveuse répondait avec une patiente précision à sa question, était serein. Solide et calme avec, sur scène, une joyeuse force intérieure qu’il cachait de moins en moins, c’était le contrebassiste. -Eh bien, je prendrai des chaussons à la viande, avec une soupe aux cornichons, annonça-t-il en renonçant provisoirement à élucider ce mystère. -Et vous, Monsieur ? Elle s’était tournée vers Bruno, qui releva le nez au son mélodieux de cette voix de contralto qui, manifestement, s’adressait à lui. Il n’avait pas coutume de s’attarder sur une carte et choisissait habituellement son menu avec promptitude mais, ce soir, tandis que son brun regard lentillé caressait sans les voir les noms des plats, il pensait au camion, qui était bien fatigué. On était pourtant à l’aube d’une longue tournée. Depuis la fondation du groupe, et sa rencontre avec Dan, il s’était toujours préoccupé de ces contingences matérielles dont le souci, dans tous les orchestres qu’il avait écumés par ailleurs, lui avait été épargné. Le visage de Mâcha le frappa, réveillant un souvenir tendre, assez innocent, du reste, sur lequel il ne pouvait mettre ni nom, ni date. Il tenta de s’en débarrasser en se frottant les joues de ses deux mains fortes et souples ; des mains de chirurgien. C’était le violoniste, et il avait toujours eu un faible pour la musique roumaine. -Un castor à l’œuf, s’il vous plaît, énonça-t-il poliment, en déchiffrant au hasard une des lignes du menu. -Est-ce que je pourrais avoir des filets de carpes marinés, mademoiselle ? demanda Nano, devançant comme pour s’en libérer, la question répétitive de la serveuse. La vivacité de son œil contredisait l’accent légèrement traînant de sa voix. Il avait quelques chose d’un personnage de féerie, aussi doué pour le confort que pour l’aventure - gentillesse arrogante et moquerie bienveillante. Pas de doute, il était vraiment fait pour son instrument, que tous les musiciens qui avaient sollicité son talent s’accordaient à dire qu’il maîtrisait à merveille. Bien sûr c’était maintenant, en matière de style, surtout l’yddish qui l’intéressait tant que, virtuose tout à tout lyrique et acide, il s’y trouvait comme un funambule en pantoufles. Mâcha, déontologiquement psychologue, devina que ce client était de ceux qui sanctionnent aussi durement leur déception gastronomique qu’il félicitent avec chaleur un cuisinier adroit. Une pratique exigeante, idéale, donc. Elle se hâta d’orienter son choix : -Nous n’en avons malheureusement plus. Puis-je vous conseiller à la place un poisson farci ? -Gefillte fish ? Bon, va pour le poisson farci, acquiesça Nano. C’était le clarinettiste. -Et pour le jeune homme ? Cette fois, elle avait manqué de tact. Certes François, assis de guingois sur sa chaise, était le benjamin du groupe, mais les autres étaient loin de faire figure d’ancêtres. Fort heureusement, ils n’étaient pas susceptibles, et l’intéressé ne leur fît pas l’affront de profiter de cet avantage que lui concédait l’hôtelière. D’ailleurs, il pensait à autre chose : il s’était fait voler son instrument deux jours plus tôt dans sa DS, et avait dû en emprunter un autre qui ne le satisfaisait qu’à moitié. Par chance, il n’était pas du genre à se laisser abattre par le premier tracas venu, et sa fougue toute napolitaine d’origine n’y était probablement pas pour rien. Il releva le bord de son borsalino et planta son regard sentimental de voyou dans celui de la jeune femme. -Qu’est-ce que vous me conseillez ? Mâcha aurait pu lui donner beaucoup de conseils, elle en avait même envie, mais ce n’était ni le lieu, ni le moment. -En plat du jour, nous avons du soufflé de foie d’oie aux truffes, pour 35.20 zlotys seulement. -Voilà qui est parfait ! approuva joyeusement François. C’était l’accordéoniste, et le ciment harmonique de groupe. Enfin, Mâcha marqua un temps d’arrêt. Il lui restait à interroger sur son choix une énigme en blouson de cuir noir dont le visage, de trois-quarts dos, lui était largement caché. Elle n’en pouvait apercevoir qu’une barbe intimidante. A quoi, à qui pensait-il ? A son camarade arménien qui ne pouvait menuiser qu’en chantant des airs déchirants, avec une lenteur infinie ? Ou bien, dans la soucoupe devant lui, les cacahuètes lui rappelaient -elles celles qu’on mangeait inlassablement lors des parties de tarot les soirs de tournée ? Dan, cependant, sentant sur lui un regard appuyé, se tourna vers Mâcha et leva son verre en un toast muet qui voulait honorer, via Mâcha, la grâce féminine universelle. Il ponctua ce discret cérémonial d’un clignement d’yeux malicieux, par-dessus les vapeurs de l’apéritif anisé et dit, dans un sourire mystérieux, rusé, philosophe, et de sa voix cassée, polyglotte, qui lui avait valu l’estime des vieux chanteurs tziganes (qui s’étonnaient de l’authenticité de ses interprétations) autant que l’admiration des jeunes : -Pour moi, ce sera un rôti de sanglier, crème fraîche et fines herbes. Dans était le chanteur, mais aussi le guitariste, et jouait en outre du bouzouki. Mâcha, ayant dévisagé tour à tour ses cinq clients, qu’une intuition professionnelle lui avait aussitôt désignés comme exceptionnels, ne pouvait s’empêcher d’en être troublée, ce que trahissait une coloration inhabituelle de ses joues pâles, tandis qu’elle s’en retournait, presque à regret, vers l’office. Leurs charmes, tant collectifs qu’individuels, étaient indéniables. Dix ans auparavant, elle avait travaillé dans un cabaret russe de la capitale ; elle aurait donc pu reconnaître, pour les y avoir vus et entendus, Dan, Bruno et Pierre (ces deux derniers, toutefois, avec un peu de difficulté, puisqu’ils s’étaient rasés la barbe entre-temps). Mais, pas plus que Nano et François, qu’elle rencontrait ce soir pour la première fois, elle ne s’en souvenait : elle avait une très mauvaise mémoire, dormait peu et fumait trop. Enfin, d’ici l’année prochaine, grâce à ses économies, elle pourrait s’installer à son compte à la campagne, et s’y refaire une santé. Joseph Racaille Production : AZIMUTH / BRATSCH - Enregistré et mixé en numérique en Octobre 1991 au studio Gimmick (YERRES). Ingénieur du son : Hervé Le Guil assisté d’Olivier Saltiel, Over-dub : Olivier Do Espirito Santo, Mixage : Hervé Le Guil sur système d’écoute AESD. Edition : Azimuth / Yève Conception et réalisation de la maquette : Jean-Louis Boulitte |
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CORRESPONDANCES
(1994) 01. Détournement roumain - François Castiello 02. Bi Divanosko - Paroles et musique Dan Gharibian 03. Fratelli - Paroles et musique François Castiello 04. Nevo Inja - Bruno Girard 05. a Bayat - Dan Gharibian - b Traditionnel arrangement Dan Gharibian 06. Irinaki - (dédié à Nicole Djian) (Panos Tountas) arrangement Dan Gharibian 07. Nomades - Paroles et musique Bruno Girard 08. Zarbi - (traditionnel) arrangement François 09. Faoussora - Nano Peylet 10. Rhythm futur - arrangement Pierre Jacquet 11. Blounoumache - Paroles et musique Nano Peylet 12. Ligo ligo tha mé sinithis - Ménidiatis - S. Kollitiris - arrangement Dan Gharibian 13. Na Mi Naz Ouni - (Achough Cheram) arrangement Dan GharibianO Correspondance : * Grand Larousse illustré Ed. 1920 : - rapport d’entente entre des personnes - moyen de transport - Invitation au voyage Étymologie noumache : corres = cœur/pondance = de pondre/ Correspondance = pondre avec le cœur Dérivés : corps respond danse : - le corps répond à la danse - quand çà va mal, le corps répond : danse ! Littéraire : " Qui correspond, danse " A l’heure ou l’Europe, à l’Est, multiplie ses frontières, il nous faut trouver des lieux de passage, affiner nos sensations d’êtres en transit : " Nulle part partout, partout chez nous ". |
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ECOUTE CA CHERIE
(1996) 01. L’HEUREUX LOUP DANS LA FORET - Paroles : Nano Peylet, Musique : François Castiello 02. ARMENIAN WALTZ - Paroles et Musique : Dan Gharibian 03. LES GÉANTS PARALLÈLES - Musique : Bruno Girard 04. RIEN DANS LES POCHES - Paroles et Musique : Bruno Girard 05. DOINA IVOIRE - Musique : Bruno Girard 06. SIRBA IVOIRE - Traditionnel : Arrangement Bratsch 07. PAPIR IZ DOKH VAIS - Traditionnel : Arrangement Bratsch 08. MAZ L - Droits réservés 09. L’AURA DES BALEINES - Musique : Nano Peylet 10. L’ALMEE PHENOMENE 11. AVANT CHRISTOPHER - Musique : François Castiello 12. CHRISTOPHER COLOMBUS - Musique : Léon " Chu " Berry, Andy Razaf 13. APRÈS CHRISTOPHER - Musique : François Castiello 14. LU MOUNDE APPARTEI A QUI L’ECOUTO - Paroles et Musique : Nano Peylet 15. BISTER ODJES KAY NACHEL - Paroles et Musique : Dan Gharibian 16. JOHNNY - Paroles : Francis Lemarque, Musique : Les Paul 17. YA TON YOSSIF - Musique : Nano Peylet 18. AVENASTO TRAPEZIMOU - Traditionnel : Arrangement Bratsch BRATSCH : Trahison ou tradition ? Les musiciens savent à quel point il est difficile de former un ensemble ou un orchestre qui devienne un " groupe ", dont les membres parviennent à trouver la complicité nécessaire pour créer " un son ". C’est quelque chose d’assez mystérieux et souvent fragile. La réunion improbable de personnalités hétéroclites, qui a naturellement conduit Bratsch à développer un éclectisme heureux, est sans doute mystérieux, mais pas fragile. Ce groupe est intuitivement parti sur des bases assez proches pour pouvoir y puiser indéfiniment une inspiration faite d’entente et de plaisir. Ces bases ont été celles de la tradition orale, dans la façon de capter la musique comme celle de capter le public, " à la feuille ". Les musiciens de Bratsch sont restés proches du conte. Le fait de pratiquer, en d’autre circonstances, une musique d’avant-garde ne leur a pas fait oublier celle des soirées de fête. En premier lieu ça doit danser. Et puis ça doit parler. D’ailleurs, c’est pareil. Trop iconoclastes pour mériter le label de musiciens " traditionnels ", mais jouant, malgré tout, incontestablement ce rôle auprès du public, ils ont fini par inventer une catégorie sur mesure en décidant de se présenter comme des musiciens " pré-traditionnels ". Définition facétieuse et astucieuse, elle leur convient parfaitement. Les musiciens de Bratsch cultivent la force rêveuse de la tradition mais en bousculent la stricte observance. Ils n’ont pas de goût pour les formes définitives, ils aiment être libres de jouer comme ils l’entendent, de métisser toutes les influences et d’y introduire leur propre manière. Musicalement nomades, et depuis longtemps à l’aise dans la modernité d’une circulation planétaire, ils mélangent avec jubilation de la musique urbaine et des romances exotiques, des compositions bizarres et de la variété, -ou presque-, des stridences et des confidences, l’humour et la gravité. Les rapprochements qu’ils opèrent ne sont pas pour autant insensés, en témoigne leur familiarité immédiate avec tous les publics qu’ils emmènent sur leur tapis volant par-dessus les genres et les frontières. Ils font seulement la preuve que les musiques traditionnelles sont plus ouvertes qu’il n’y paraît ; Qu’elles possèdent peut être quelque fonctionnement commun. Si Bratsch au départ, retrouve le fil de la tradition du côté des Balkans, son passage par le jazz va de soi, de même que sa façon contemporaine d’envisager certains développements mélodiques, certains traitements de timbres ou d’accords hurlés. Il s’agit d’ailleurs, d’une bonne compréhension des musiques traditionnelles dans lesquelles on ne cesse de trouver ces sortes de malices expressives. Bratsch ne manque pas de rappeler judicieusement que les musiques de l’est contiennent encore, tout comme le jazz, une qualité primordiale qu’on a oubliée dans nos contrées : celle de l’improvisation. Bonheur du jeu en situation : la musique s’adapte au contexte et au répondant du public qu’au besoin il provoque. Ces musiques qu’on appelle " tziganes " -il est vrai que les musiciens, souvent tziganes, qui les jouent y apportent l’éblouissement de leur virtuosité ludique et de leur phrasé vertigineux -, dégagent une sorte de " blues " mêlé de fougue. On ne peut jamais dire si elles sont gaies ou tristes, elles sont les deux à la fois. Elles expriment avec une force superlative la dualité de l’affectif. Bratsch qui allie au côté brut, un côté aérien où passe de la tendresse, en a fait sa matière de prédilection. Progressivement, le style de Bratsch, sans rien perdre de ce " son " caractéristique qui l’identifie, s’épanouit dans des compositions personnelles. Les musiciens de Bratsch sont toujours en route pour d’autres voyages. Avec " Écoute ça chérie ", titre de ce nouvel album, ils reviennent, par moments, à un certain registre -qu’au fond ils n’ont jamais quitté-, d’espièglerie. Mais, quelles que soient les régions qu’ils parcourent, ils restent fidèles à ce qui les constitue comme groupe : l’indépendance et la faculté de chanter. Dans l’un de ses films F. Truffaut faisait dire à son héroïne " j’aime les chansons : elles racontent la vérité, qu’est ce qu’elles disent ? Elles disent : mon cœur est une maison vide sans toi... Sans Amour on est rien du tout... " Il y a de l’abandon dans une chanson et de l’enfance. On ne guérit jamais de l’abandon, ni de l’enfance, ni de la chanson, par conséquent. Quand on a trop à dire et qu’il n’y a plus qu’une ritournelle pour ça. Dans la voix résonnent des vibrations secrètes et hypnotiques. Chérie, y a plus qu’à se laisser porter par les courants ascensionnels de l’imaginaire pour planer dans le vent. Bernard Davois |
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LA VIE LA MORT,
TOUT CA... (2001) CD 1 01. La chope des puces 02. Roumskat 03. Boubasko pranisko 04. Montagnes russes 05. Oyfn veg 06. En attendant Madeleine 07. Exosept 08. Kani vour djanim CD 2 01. Caravan petrol 02. Doïna lea 03. Hora lui mihalea 04. C'est maintenant 05. Rugby 06. Troisième mi-temps 07. Kriti woman 08. Taves bartalo 09. Materemo La vie, la mort, tout ça... Il est des gens qui, de tout temps, ont traversé l'Europe, chantant et jouant de divers instruments, sans jamais revendiquer aucun territoire, sinon la liberté de les traverser tous, empruntant leur vocabulaire musical et constituant un trésor dans lequel d'autres pourront à leur tour puiser. Au fil du temps la musique Évolue au gré de l'imaginaire des musiciens. La tradition orale permet en effet ce genre de magie qui consiste à improviser, ornementer et s'approprier la musique. Cette façon de l'aborder convient particulièrement à ceux qui n'ont pas reçu d'héritage culturel et qui, bien que connaissant leurs origines, n'ont pas grandi dans la tradition. C'est le cas des musiciens de Bratsch dont les parents ou grands-parents ont émigre soit de l'étranger vers la France, soit de la province vers Paris, et qui, au fil des années, se sont forgé une musique puisée dans le patrimoine évoque précédemment. Puis une écriture, reflet de l'expression collective du groupe, s'élabore progressivement, créant ainsi une musique nouvelle, qu'à défaut de pouvoir jouer instantanément traditionnelle, Bratsch nomme pré-traditionnelle, susceptible de devenir un jour le support d'une tradition. Ce titre évoque bien sur les réflexions et sentiments qu'inspirent ces deux réalités implacables et banales que sont la vie et la mort, mais surtout l'expression du " tout ça " originale, douloureuse, souvent heureuse, manière qu'a chacun d'apprivoiser la réalité de cette condition : qu'est-ce qu'on fait en attendant ? La réponse est peut-être cachée derrière une petite note qui voyage, elle raconte une histoire qui dure, qui embobine le temps en se jouant des contretemps, et où l'on découvre la musique et l'amitié. Life, death, and all that... Ever since people can remember there have been those who have crossed Europe singing and playing different instruments and unique music.These wanderers never claimed a territory. Instead, they laid claim to the freedom to cross all the territories of Europe, borrowing the bits and pieces of a territory's musical vocabulary and putting together a musical treasure from which others could draw. As time passed, the music developed, drifting wherever the musicians' imagination carried it. The oral tradition allows this sort of magic which consists of improvisation, ornamentation and their appropriation of the music.This approach to music particularly suits those who haven't acquired a cultural heritage. These people may have known their origins, but they didn't grow up in the traditions of their origins.Such is the case with the musicians of Bratsch, whose parents or grandparents emigrated either from foreign countries to France or from provinces to Paris. They have, as time passed, created a music drawn from their earlier origins, the origins of their parents. The result is a style of music that reflects the combined expression of the group. It's a style that has developed gradually, resulting in the creation of a new music. The music isn't what one would call traditional. The members of Bratsch call it pretraditional, a music that may one day become the basis for a new tradition.The title of this CD reflects the impressions and emotions inspired by two implacable and ordinary realities : life and death. Add to that the resigned yet carefee expression "and all that", suggesting an opportunity for individuals to tame the reality of their conditions :What do we do while waiting ? The answer could be hidden behind a traveling little note of music that tells a story and which bides the time by playing off-beat rhythms in which one can discover both music and friendship. |
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RIEN DANS LES
POCHES (1998) 01. NEDA - François Castiello 02. YOSSIK - Nano Peylet 03. HASSAPOSSERVICO - trad./arr. By Bratsch 04. BRUNOSAURE - François Castiello 05. RIEN DANS LES POCHES - Bruno Girard 06. JOHNNY - Francis Lemarque/Les Paul 07. MAJOR TO MINOR - Stian Mevik/arr. By Angelo Debarre 08. EGHNATIOS TETRAKOSSI EXI - Grigoris Bifikotsis/Kostas Virvos 09. VICTOR’S DOINA - François Castiello 10. EDERLEZI - trad./trad. 11. HANANE - trad./trad./arr. By Bratsch 12. NEUF BROUILLE - Bruno Girard 13. TEKEZ / SKOPOS TIS GAIDAS - trad./trad. 14. CHOUBI PANEGYRIQUE A L’OCCASION DU 20EME ANNIVERSAIRE DE BRATSCH à l’inspecteur Strogonoff Tant de savants musicologues, tant d’ardents exégètes, au cours de ces dernières années, se sont appliqués à nous faire savoir par tant de fines analyses et de vibrants plaidoyers ce que nous ne devrions en aucun cas ignorer de la " musique tzigane ", de son rôle capital dans la survie des folklores et traditions des pays par les nomades traversés, de la résistance implacable qu’elle oppose aux intégrismes nationaux, que l’humble auteur de notes de pochette chercherait en vain quelque anecdote, légende ou métaphore nouvelle pour étayer son propos, tel le photographe qui, chargé de tirer le portrait d’une star, s’ingénierait à multiplier les angles de prise de vue pour tenter en vain de mettre en valeur un détail ignoré du visage trop connu. N’en parlons pas, n’en parlons plus, donc. Intéressons-nous plutôt pour une fois à nous-mêmes, mélomanes et mélowomanes de l’Europe du couchant. Qu’est-ce qui nous rend si sensibles à ce que, par commodité, nous appelons la musique tzigane ? Ne serait-ce pas, par hasard, qu’il court avec elle un grand vent de vie et de liberté qui, pénétrant l’âme par l’oreille, décoiffe sérieusement l’intérieur de la tête ? Aujourd’hui que, dans nos riches contrées commerçantes qui jouxtent l’Atlantique, la pratique de l’improvisation vocale et instrumentale ne subsiste que d’importation tandis que les traditions musicales sont pour la plupart éteintes, moribondes ou renaissent à peine, tels de vagissants phénix, de leurs cendres, nous ne pouvons que nous extasier devant la vigoureuse santé d’un art pourtant ancestral, et notre étonnement n’est pas sans rappeler celui des aventuriers de science-fiction découvrant sur une île inconnue des troupeaux de dinosaures en parfait état, s’ébrouant joyeusement parmi les prêles et les palmiers. Pourtant, alors que l’humanité, inquiète de son sort et préoccupée par l’éventualité de sa propre extinction, s’interroge avec une fébrilité suspecte sur les circonstances de la disparition des dinosaures et la fin de leur règne planétaire, leurs descendants modernes, les oiseaux, piaillent à sa fenêtre comme si de rien n’était : nos petits (et grands) amis à plumes semblent fort peu encombrés par leur prestigieux héritage biologique. D’ailleurs, n’est-il pas semblable à l’oiseau voletant librement au gré de sa fantaisie, un instant posé sur la branche, prenant l’instant d’après son bain dans une flaque de pluie avant d’aller musarder parmi les coquelicots et les bleuets du fossé pour y happer quelques imprudent papillon, ce Bratsch qui se soucie comme d’une guigne aussi bien de savoir s’il est l’héritier d’une tradition que d’en respecter à la lettre les principes ? Mais ne nous risquons pas plus avant sur le sentier charmant et dangereux de la comparaison, d’autant que si Bratsch est léger et imprévisible tel l’oiseau, il est également rusé comme un vieux renard. En effet, si l’on souhaite évaluer à l’aune de l’âge humain les vingt ans que Bratsch affiche à l’état civil, il convient de se souvenir que, comme pour tous les groupes de musique, ses trois premières années en valent sept chacune, que la septième, la dixième, la onzième et la quinzième comptent triple, tandis qu’à partir de dix-huit, on les divise par deux. Dans le cas qui nous occupe, on obtient un total de quarante-quatre ans et demi, ce qui est comme chacun sait le plus bel âge de la vie, celui de la maturité de l’intelligence et de la plénitude des moyens. Par le passé, Bratsch n’avait pas ménagé ses efforts pour nous surprendre en innovant, enchaînant en concert poème lyrique arménien et mélodie turque, ou grecque, glissant vers le jazz, voire le free-jazz, chantant en français... que sais-je encore ? Une fois de plus, la surprise est de taille : Bratsch reçoit ! D’ici, de là et d’ailleurs, une dizaine de musiciens et chanteurs sont venus planter chacun sa bougie sur cette nouvelle galette, comme tout à la fois un hommage et une contribution au folklore personnel et universel de Bratsch. La plupart, voire les meilleurs d’entre nous (musiciens) s’en seraient fort honorablement tirés en enfilant une collection de pièces épatantes comme sur un collier de perles rares, et personne n’y aurait rien trouvé à redire. Pourtant, -et c’est là, compte tenu de la difficulté de l’exercice, la deuxième surprise- cet album est placé sous le signe de la cohérence. Je ne veux pas parler ici de la cohésion du son de Bratsch ni de la force de son style, l’une et l’autre depuis longtemps achevée et aboutie, mais d’un vrai miracle : voilà qu’une confrérie musicale, plutôt qu’un collage plus ou moins hétéroclite de musiciens, nous entraîne dans un périple mouvementé sans la moindre rupture, la moindre faille, la moindre faute de goût. C’est dire que Bratsch se tire de l’épreuve comme le ruisseau traverse les paysages sans rien perdre de sa limpidité ni de son identité de ruisseau : on passe du grec au roumain, du turc au bulgare, de la valse arménienne au swing manouche le plus simplement du monde. Jusqu’aux compositions personnelles des uns et des autres qui, tout en gardant la marque distinctive de chacun (comme par exemple les admirables " Yossik " " Doïna " et " Neuf Brouillé ") qui semblent se fondre dans un projet plus vaste. Jusqu’aux accents, aux phrasés, aux harmonies dérivées du jazz ou de la musique contemporaine qui viennent enrichir avec une discrétion exemplaire l’impeccable manque de raideur du style Bratsch. Mais puisqu’il y a, sur cet album en forme de banquet, de nouveaux convives, approchons-nous subrepticement de la table pour déchiffrer leurs noms sur les ronds de serviette. Teddy Vukmirovic et, juste à côté, Serge Rosenberg : celui-là au sax, celui-ci à la trompette, ils forment la section cuivrée de la Luda Familia, une famille de dingues apparentée à Bratsch par alliance, au sens le plus sacré du terme, tant ils s’invitent les uns les autres à de réjouissantes agapes musicales. La présence ici de ces deux drilles semble si naturelle qu’on en vient à se demander s’ils n’ont pas, de tout temps, fait partie du groupe. Stanislav Petkov Panayatov, lui, manie la gadulka comme pas un : ah, ses interventions dans " Neda " ou " Tekez " ! Ah, le soyeux foulard de volutes qu’il tisse autour de la superbe chanson " Hanané " !... Stanislav est bulgare, et la gadulka est un violon sympathique à cordes verticales. Quelques places plus loin, qui trouvons-nous ? Rien moins qu’Angelo Debarre, un guitariste manouche qui ornemente ici le " Brunosaure ". Sa virtuosité saute à l’oreille comme l’amante fougueuse saute au cou de l’amant trop longtemps parti, mais les moins sourds d’entre vous pourront en outre apprécier ses talents de compositeur grâce aux harmonies subtiles de " Major To Minor ". Venus en groupe prêter le concours de leurs voix à une reprise de " Johnny " (qui n’est toujours pas un ange), les chanteurs tziganes de Ando Drom (On The Road, traduirait Kérouac le breton), de Budapest, ont également eu l’excellente idée de déléguer l’une des leurs pour interpréter deux autres chansons, et notamment " Ederlezi ", la fameuse chanson rom du sud albanais. Le chant de Monika " Mitsou " Juhasz Miczura est sans aucun doute un des plus étonnants que j’aie jamais entendus. Fragile et puissante, rauque et douce, je sens que tout mon stock d’associations paradoxales de qualificatifs pourrait y passer sans que j’arrive à cerner d’un peu près la magie de cette voix hors du commun. Keyvan Chemirani, quant à lui, a été chargé de ponctuer de son zarb, qu’il frappe de main de maître et de fils de maître (son père est le célèbre maître tambour Djamchid Chemirani), le rythme changeant (mais toujours à neuf) de Neuf Brouillé : tchak-tchak-tchakata-tchaka ou encore tchak-tchak-tchak-tchakata... On a envie de lui téléphoner pour lui dire merci. Chers amis, le printemps sera bientôt là : les dinosaures modernes chantent dans les arbres encore nus, et des ruisseaux à la limpidité irréprochable s’apprêtent déjà à sourdre des glaciers. Écoutez ce nouveau disque de Bratsch, amusez-vous bien et, comme dit le philosophe, " profitez de la vie pendant qu’il vous reste la plupart de vos dents ". Joseph Racaille criblier amateur Mars 1998 EIN FESTOVORTRAG ZUM ZWANZIGSTEN GEBURTSTAG VON BRATSCH gewidmet Inspektor Stroganoff Viele beschlagene Musik-wissenschaftler, Scharen glühender Exegeten haben uns in den letzten Jahren mit präzisesten Analysen und mitreißenden Plädoyers versucht zu vermitteln, wie wichtig die " Musik der Zigeuner " für das Überleben der Volksmusik und Volkstraditionen für jene Länder war, die von den Nomaden durchquert wurden, ja wie wichtig ihr unerbittlicher Widerstand gegen nationalen Chauvinismus war. Welche Anekdote, Legende oder Metapher bleibt da dem bescheidenen Autor dieser Zeilen noch übrig, um seine Aussagen zu stützen ? Der kann sich nur vorkommen wie ein Fotograf, der, beauftragt, das Bild eines Stars zu machen, beim fruchtlosen Versuch, ein unbekanntes Detail eines allzu bekannten Gesichtes einzufangen, jeden nur möglichen Blickwinkel bemüht. Kein Wort mehr darüber. Interessieren wir uns also lieber als Musikliebhaber und Musikliebhaberinnen des Abendlandes für uns selber. Was macht uns so empfänglich für das, was wir einfachheitshalber " Musik der Zigeuner " nennen ? Ist es vielleicht der frische Wind von Freiheit und Lebensfreude, der über den Hörgang unsere Seelen erreicht, aber dabei unser festgefügtes Kopfinneres durcheinanderwirbelt ? Heute, in unseren wohlhabenden und geschäftstüchtigen Länder, existiert die Praxis der Vokal- oder Instrumentalimprovisation nur noch als Import, während unsere eigenen musikalischen Traditionen zum größten Teil verloschen sind, darniederliegen oder gerade wieder auferstehen wie Phönix aus der Asche. Da können wir verzückt sein über die Gesundheit einer immerhin uralten Kunst, ein Erstaunen, gleich dem Abenteurer eines Science-fiction-Romans, der auf unbekannter Insel eine zwischen Schachtelhalmen und Palmen weidende Herde von Dinosauriern entdeckt. Während sich die von ihrer eigenen Ausrottung bedrohte Menschheit fieberhaft Fragen stellt über das Verschwinden und das Ende der planetaren Herrschaft der Dinosaurier, singen ihre modernen Nachfahren, die Vögel, an unseren Fenstern, als ob nichts wäre : Unsere kleinen (und großen) gefiederten Freunde scheinen kaum von ihrem wundervollen biologischen Erbe belastet zu sein. Ähneln diese Bratsch, denen es völlig egal ist, ob sie Erbe einer Tradition sind oder gar buchstabengetreu die Prinzipien dieser Tradition zu respektieren haben, nicht einem frei umherfliegenden Vogel, der, nur seinen Launen folgend, sich einen Moment auf einem Ast niederläßt, um im nächsten Augenblick ein Bad in einer Pfütze zu nehmen, bevor er zwischen Klatschmohn und Kornblumen herumtrödelt, um schließlich einen unvorsichtigen Schmetterling zu verspeisen ? Doch wagen wir uns nicht weiter auf diesem gefährlichen wie charmanten Pfad des Vergleiches, wenn doch Bratsch unberechenbar wie ein Vogel sind, aber auch fintenreich wie ein Fuchs. Wenn man nun das Alter von Bratsch -zwanzig Jahre- mit der Elle eines Menschenlebens messen möchte, kann man folgende für Musikgruppen typische Berechnung aufstellen : Die ersten drei Jahre sind mit sieben zu multiplizieren, das siebte, zehnte, elfte und fünfzehnte zählt dreifach, während man ab achtzehn nun durch zwei teilt. In unserem Fall also erzielt man eine Summe von 44 Jahren und einem halben. Das beste Lebensalter, ein jeder weiß es, das Alter der geistigen Reife und des Vollbesitzes der Lebenskräfte. In der Vergangenheit haben Bratsch keine Anstrengung gescheut, um uns mit Innovationen zu überraschen : Im Konzert lassen sie einem armenischen Gedicht eine türkische oder griechische Melodie folgen, gleiten in Richtung Jazz, ja sogar Free Jazz, singen französisch..., was soll ich hier noch aufzählen. Einmal mehr ist die Überraschung groß : Bratsch laden zum Empfang ! Von hier und da und von noch weiter weg kamen zehn Musiker und Sänger, um jeder seine Kerze auf die Geburtstagstorte zu stecken. Gleichzeitig eine Hommage und ein Beitrag zur persönlichen wie universellen Folklore der Bratsch. Die meisten, ja sogar die besten unter uns (Musikern) hätten sich ganz elegant aus der Affäre gezogen mit einer Sammlung von fabelhaften Stücken, aufgereiht wie eine Kette von kostbaren Perlen, und niemand hätte es beanstandet. Dennoch und dies ist die zweite Überraschung angesichts der Schwierigkeit des Unterfangens : Dieses Album steht unter dem Zeichen der Kohärenz. Ich möchte hier nicht von der Kohäsion des Bratsch-Klangs sprechen noch von der Stärke ihres Stils, beides haben sie schon lange perfekt herausgearbeitet, sondern von einem wahren Wunder : Hier agiert statt eines mehr oder weniger zusammengewürfelten Haufens von Musikern eine musikalische Bruderschaft, die uns auf eine bewegte Reise begleitet, ohne den geringsten Bruch, die geringste Schwäche oder einen geschmacklichen Fehltritt. So gesehen ist das Album wie ein Bach, der die Landschaften durchfließt und weder seine Identität als Quell noch seine Klarheit verliert : Wir wechseln schwerelos vom Griechischen zum Rumänischen, vom Türkischen zum Bulgarischen, vom armenischen Walzer zum Gypsy Swing. Ja sogar die Kompositionen der einzelnen Musiker scheinen, ganz ihre persönliche Marke behaltend (wie zum Beispiel die wunderbaren Stücke " Yossik ", " Doina " une " Neuf Brouillé "), sich in einer breiter angelegten Vision aufzulösen. Die Akzente, die Phrasierungen, die aus dem Jazz und der zeitgenössichen Musik geborgten Harmonien reichern mit exemplarischer Diskretion den ausgezeichneten, geschmeidigen Bratsch-Stil an. Da es nun auf diesem Album, das einem Bankett gleicht, Ehrengäste gibt, nähern wir uns der Tafel, um ihre Namen auf den Serviettenhaltern zu entziffern. Teddy Vukmirovic und neben ihm Serge Rosenberg : Der eine bläst Trompete, der andere Saxophon, zusammen bilden sie die Blechbläser-Sektion der Luda Familia. Eine Familie von Verrückten, eine heilige Allianz im wahrsten Sinne des Wortes mit Bratsch bildend, so oft laden sie sich gegenseitig zu ergötzlichen musikalischen Agapen ein. Die Präsenz der beiden lustigen Gesellen erscheint uns hier so natürlich, daß man sich schon die Frage stellt, ob sie nicht schon immer Teil der Gruppe waren. Stanislav Petkov Panayotov streicht die Gadulka wie kein zweiter : Man achte auf seine Einwürfe in " Neda " oder " Tekez ", den Seidenschal, den er samten um das wunderschöne Chanson " Hanané " webt ! Stanislav ist Bulgare, ganz wie seine Gadulka : eine mit Sympathiesaiten bestückte Violine mit vertikaler Bespannung. Ein paar Plätze weiter, wen finden wir da ? Niemanden weniger als Angelo Debarre, einen Manouche-Gitarristen, der hier den " Brunosaure " verziert. Seine Virtuosität springt uns direkt ins Ohr, wie die hitzige Verliebte ihrem lang vermißten Liebhaber um den Hals fällt. Geschulte Ohren werden außerdem seine Talente als Komponist der subtilen Harmonien in " Major To Minor " entschlüsseln. Als ganze Gruppe kam das Zigeuner-Ensemble Ando Drom aus Budapest (On the Road, würde der Bretone Kérouac ihren Namen übersetzen), um ihre Stimmen auf " Johnny " (der nicht immer ein Engel ist) zu erheben. Sie hatten die brillante Idee, eine der Ihren zu beauftragen, zwei weitere Lieder, darunter das berühmte Roma-Lied aus Südalbanien " Ederlezi ", zu interpretieren. Der Gesang von Monika " Mitsou " Juhasz Miczura ist ohne Zweifel einer der erstaunlichsten, den ich je gehört habe. Zerbrechlich und kraftvoll, rauh und sanft, ich könnte alle nur möglichen widersprüchlichen assoziativen Begriffspaare gebrauchen, ohne daß es mir gelänge, auch nur ein wenig der Magie dieser einzigartigen Stimme nahe zu kommen. Keyvan Chemirani spielt den Zarb (iranische Trommel) mit meisterlicher Hand und als Meistersohn (sein Vater ist der berühmte Trommler Djamchid Chemirani). Er hatte den Auftrag, den wechselnden, aber immer wieder neu erscheinenden 9/8- Rhythmus von " Neuf Brouillé " zu unterstreichen : tchak-tchak-tchakata-tchaka oder auch tchak-tchak-tchak-tchakata... Man hat geradezu Lust, ihn anzurufen, um danke zu sagen. Liebe Freunde, der Frühling hält bald Einzug : Die modernen Dinosaurier singen in den noch nackten Bäumen, und die klaren Bäche beginnen den Gletschern zu entspringen. Hören Sie diese neue CD von Bratsch, haben Sie Spaß dabei, und -wie sagte es schon der Philosoph : " Genießen Sie das Leben, solange Ihnen noch die meisten Zähne bleiben ". Joseph Racaille im März 1998 Übersetzt von Jean Trouillet A LECTURE ON THE TWENTIETH ANNIVERSARY OF BRATSCH Dedicated to Inspector Stroganoff Over the past years, hosts of learned musicologists and legions of enthusiastic exegetes have used the most precise of analyses and the most compelling of pleas to try and convince us of just how important the " music of the gypsies " is for the survival of folk music and folk traditions in those countries once traversed by the nomads, how vital their unrelenting opposition to national chauvinism. What anecdotes, legends or metaphors are left for the modest author of these lines in support of his particular claims ? He must feel a bit like a photographer who, commissioned to take a picture of a famous star, has recourse to every conceivable angle in a fruitless attempt to capture an unfamiliar feature in an all too familiar face. But let’s not waste any more time talking about that.Instead, music lovers of the occident, let us turn our attentions to ourselves. What makes us so receptive to what we for simplicity’s sake call the "music of the gypsies " ? Is it perhaps the fresh breeze of freedom and joie de vie which, on passing through the portals of our ears, touches our souls, while at the same time throwing the rigidly organised interior of our minds into turmoil ? In our wealthy and efficient countries, the practice of vocal or instrumental improvisation only exists today as an import, while for the most part our own musical traditions have become extinct, are ailing, or may even be in the process of rising like a phoenix from the ashes. Under these circumstances, we can understandably experience a thrill in the face of the stamina of an ancient art, a wonderment akin to that of the adventurer in a science fiction novel who discovers a herd of dinosaurs grazing between horsetail and palm trees on an unknown island. And a humanity, threatened by its own extinction, feverishly raises questions about the disappearance of the dinosaurs and the demise of their planetary supremacy, their modern descendants, the birds, sing at our windows as if nothing had happened : our small (and large) feathered friends don’t seem to be bothered much by their remarkable biological heritage. Bratsch, for example, who don’t seem to care at all whether they are inheritors of a tradition or have to respect the principles of that tradition to the letter, Bratsch resembles a free-flying bird that in accordance with its whims alights for one moment on a branch, only to take a bath in a puddle the next moment and then dawdle among field poppies and cornflowers before finally consuming a careless butterfly.But perhaps we should not dare to pursue this dangerous though attractive path of comparison, especially as Bratsch is as unpredictable as a bird and as cute as a fox. Ware one to estimate Bratsch’s age - twenty - using a human yardstick, then the result would be the following kind o calculation so typical of music groups : you multiply the first three years by seven ; the seventh, tenth, eleventh and fifteenth years count threefold, whereas from eighteen onwards you divide by two. In the case under consideration you thus arrive at the age of forty-four and a half which is, as we all know, the best time in anyone’s life, the age of spiritual maturity when one is in full command of one’s vital faculties.In the past, Bratsch went to any lengths to surprise us with innovations : in concert the group is wont to put an Armenian poem to a Turkish or Greek melody, to glide into a jazz mode, event into free jazz, to sin in French... I could continue the list. And Now another big surprise : Bratsch has issued invitations to a reception ! Ten musicians and singers arrived from here there and yonder, each putting his or her candle on the birthday cake, in homage, and at the same time as a contribution to the personal and universal folklore of Bratsch. Most of us (musicians), even the best among us, would have got out of the whole problem elegantly with a collection of fabulous pieces arranged like a string of priceless pearls, and no one would have complained. However, and in view of the difficulty of the enterprise this is the second surprise, this album was born under the sign of coherence. I don’t wish to speak about the cohesion of the Bratsch sound, or about the vigour of their style. They have long since perfected both. I want to speak about a true miracle : this is no motley crew of musicians but a musical brother-hood who accompanies us on an eventful journey, without the slightest discontinuity, the slightest weakness or error of taste. Viewed in this way, the album is like a stream flowing through various landscapes but losing neither its identity as a source nor its clarity : we proceed blithely from Greek to Romanian, from Turkish to Bulgarian, from an Armenian waltz to gypsy swing. Even the compositions by the individual musicians seem to meld into a broader vision, while at the same time maintaining their distinctive features (as, for example, in the wonderful pieces " Yossik ", " Doina " and " Neuf Brouillé "). The accents, the phrasing, the harmonies, borrowed from jazz and contemporary music, exquisitely and discreetly enrich the exceptional, lithe Bratsch style.As this album, like a banquet, includes honorary guests, let’s try and get closer to the table and decipher the place names : Teddy Vukmirovic, and beside him Serge Rosenberg ; the one blows the trumpet, the other the saxophone. Together they make up the brass section of the Luda Familia, a family of crazy people who in the truest sense of the word form a holy alliance with Bratsch, given that they frequently invite each other to delightful musical love feasts. The presence of these two jolly fellows seems so natural that one could well be tempted to ask whether they were no always part of the group. Stanislav Petkov Panayotov plays the gadulka like no other. Pay good attention to his interventions in " Neda " or " Tekez ", and to that silk scarf he spins around the wonderful chanson " Hanané " ! Stanislav is Bulgarian, like his gadulka : a violin held upright and with up to as many as nine sympathy strings. And who do we find a few seats away ? None other than Angelo Debarre, a gypsy swing guitarist who in this case accompanies " Brunosaurus ". His virtuosity simply cannot be resisted, embracing our ear as the passionate lover embraces her greatly missed loved one. In " Major to Minor " more discriminating ears will also detect his talents as a composer of subtle harmonies. As a group, the gypsy ensemble Ando Drom (the Breton Kérouac would say On the road) came from Budapest in order to raise their voices to " Johnny " (who is not always an angel). They also had the brilliant idea of getting one of their own to interpret two other songs, including the famous Roma song " Ederlezi " from southern Albanian. The voice of Monika " Mitsou " Juhasz Miczura is undoubtedly one of the most astonishing I have ever heard. Fragile and powerful, rugged and gentle - how many more pairs of contradictory attributes might I call on without ever succeeding in even coming close to the magic of her unique singing ! Keyvan Chemirani plays the zarb (Iranian drum) with the hand of a master, and is the son of a master (his father is the famous drummer Djamchid Chemirani). His was the task of underscoring the constant though apparently ever changing rhythm of " Neuf Brouillé " : tchak-tchak-tchakata-tchaka, or tchak-tchak-tchak-tchakata... You get the feeling you’d like to ring him up and say thanks.Dear friends, spring is drawing near. The modern dinosaurs are singing on the still bare branches of the trees, and the clear streams are beginning to pour forth from the glaciers. Listen to this new CD by Bratsch, enjoy it, and -as the philosopher once said - " make the best of life as long as you still have most of your teeth ".Joseph Racaille March 1998 Translated by Pauline Cumbers BRATSCH |
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NOMADE EN VOL (2003) CD1 (1988 - 1994) 01. Sirba d'accordéon 02. Paploma 03. Yes kou rimetian) 04. Joulik 05. A romalei te djilas 06. Maminka 07. Er nemo klantz 08. Avreimel der Marvikher 09. Chiar dace dau de negaz 10. Humus blues 11. Le rindovani 12. Maruzella 13. Nane tsora 14. Bayat 15. Irinaki 16. Fratelli 17. Dan's freilach 18. Dan's freilach 2 19. Mangeur de lune CD2 (1995 - 2003) 01. Doina Ivoire 02. Sirba Ivoire 03. Johnny 04. Hassapo servico 05. Yossik 06. Rien dans les poches 07. Hanané 08. Mélodie si hora lautareasca 09. Postor 10. To proktorio 11. Roumskat 12. Kani vour Djanim 13. Bi lovengo 14. Jira Jira 15. Frago sîryani 16. Peylet's freilach Avec cette anthologie, Network lance une nouvelle collection d'anthologies : Portrait. A travers ces portraits, nous retraçons les carrières exceptionnelles d'artistes et de groupes qui ont fait une partie de leur chemin en compagnie du label Network. Dans ces éditions, les grands événements de leurs carrières seront complétés par des morceaux inédits ou complètement nouveaux. Bratsch a été fondé il y a 25 ans par Bruno Girard et Dan Gharibian. D'abord en France, mais entre-temps dans tous les autres pays où ils ont donné des concerts, ils font l'objet d'un véritable culte. Avec une virtuosité inimitable et un répertoire varié aux multiples facettes, ils gagnent le cœur des auditeurs et des critiques. Car dans leurs concerts et leurs spectacles, ces musiciens subtils offrent une grande place à l'improvisation, ils enchantent par leur plaisir de jouer, leur humour et leur "soul". Les Bratsch fascinent par leurs improvisations osées - ils jouent "sans filet", emmènent la musique vers des sommets, avec audace tout en restant toujours poétiques. Sur leurs albums, les "grands improvisateurs" (FAZ) donnent également libre cours à leur passion pour la musique d'Europe Centrale. Avec une oreille à l'est, une à l'ouest et le regard vers le sud, les Bratsch ont entrepris un voyage exceptionnel à travers les cultures musicales. Ce double album illustre quelques-uns de leurs grands succès auxquels s'ajoutent des morceaux enregistrés en avant- première pour cette édition : avec un art inimitable, le rebetiko se frotte au blues et les danses roumaines au jazz. Les traditions est-européennes comme la musique klezmer sont réveillées à une nouvelle vie tout comme les racines du jazz manouche. Les chansons grecques, arméniennes ou napolitaines sont entonnées dans l'esprit de la musique soul. Avec beaucoup de sensibilité et d'arrangements délicats, ils créent une nouvelle musique acoustique qu'ils surnomment eux-mêmes "musique pré-traditionnelle". Partout, la presse salue avec enthousiasme cette performance - Une citation en témoigne : " Bratsch est bien le meilleur orchestre qui ait mêlé avec autant de bonheur le jazz, la musique klezmer, la musique rom et de l'Europe du Sud-est. " (Concerto). Référence 25193 With this anthology Network is launching a new series called Portrait. By means of these portraits we will be looking back on the unique careers of individual artists and groups who have been associated with Network for a time. Highlights in their careers will be complemented on these editions by brand new unpublished tracks. Bratsch was founded 25 years ago by Bruno Girard and Dan Gharibian. Meantime the group enjoys cult status, not only in France, but in all the other countries they have performed in. With indisputable virtuosity and a multi-faceted repertoire Bratsch have played their way into the hearts of both audiences and critics. In their atmospherically intense concerts and performances these wily masters of acoustic music allow themselves considerable scope for improvisation, while at the same time captivating audiences by their delight in playing, their humour and their spirit. Above all, Bratsch fascinate us by their daring improvisations – in principle, they play "without a net"; their music is excessive, audacious and at the same time poetic. These "marvellous improvisers" (FAZ) give free rein to their passion for the music of Central Europe not only in concert, but also on their CDs. With one ear on the East and one on the West, and a keen eye on the South, Bratsch have set out on a unique journey through musical cultures. This double CD documents some of the highlights on that journey, including new recordings made specially for this edition. In a unique way, rembetiko meets the blues, and Romanian dance music meets jazz. Eastern European traditions such as klezmer are instilled with new life, as are the roots of gypsy swing. Greek, Armenian or Neapolitan songs are intoned with soul. With their great sensitivity and subtle arrangements Bratsch create a new acoustic music which they themselves describe as "pre-traditional". The press has been highly enthusiastic about their achievements, as one quotation should suffice to illustrate: "Bratsch are surely the best at mixing jazz, klezmer, south-eastern European and Roma music." (Concerto) |
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ENSEMBLE DEPUIS 25
ANS... CA S'FÊTE (2004) 1ère PARTIE 01. Chava (trad.) 02. A romalei te djilas (trad.) 03. Rabiz (Dan Gharibian) 04. Papir (trad.) 05. Boubasko (Dan Gharibian) 06. Paris blues (Django Reinhardt) 07. C'est la vie (François Castiello) 08. Impro clar (Nano Peylet) 09. Peylet's freilach (Nano Peylet) 10. Hora lui mihalea (trad.) 11. Ça s'fête (Castiello - Peylet) 2ème PARTIE 01. Mangeur de lune (bratsch) 02. Zarbi (trad.) 03. Exosept (Bruno Girard) 04. Kani vour djanim (Sayat Nova) 05. Doïna (trad.) 06. Paroles en l'air et pas perdus ( Bruno Girard) 07. lChoubi (trad.) 08. Roumskat (François Castiello) 09. Caravan petrol (Carosone / Nisa) 10. 11. 12. Rappel's... enregistré lors des concerts anniversaires donnés du 8 au 17 Octobre 2004 au Cabaret Sauvage |
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URBAN BRATSCH
(2011) pour lire le
texte de présentation de Bertrand Dicale,
cliquez ici ! 01. Sirba Din Joc De Constanca / Hora (Trad. Arrgt Bruno Girard) Enregistré du 23 au 25 mars 2011 au Studio Guimick par Jacques Laville assisté de Pierre Sampagnay. Une production Abacaba pour le label Harmonia Mundi / World Village |
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PLEIN DU MONDE
(2007) 01. Bilovengo avec KHALED 02. L'almée phénomène avec OLIVIA RUIZ 03. Tavès bartalo avec SANSEVERINO 04. Mangeur de Lune avec DEBOUT SUR LE ZINC 05. Nié boudité avec LHASA 06. Oyfn veg avec TETE 07. Au bar est barré Papa avec LA RUE KETANOU 08. Fratelli avec NERY 09. S'envoler Loin avec NOURITH 10. Paroles en l'air et pas perdus avec JULIETTE 11. Erjaii ya alf Laïla avec KHALED 12. La goutte d'eau avec CHARLES AZNAVOUR 13. Enfants d'la bise 14. Bien roulée avec BALBINO MEDELLIN 15. Nous chantons avec OLIVIA RUIZ, NOURITH, LA RUE KETANOU, DEBOUT SUR LE ZINC |
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ON A RENDEZ-VOUS
(1999) 01. Imitleri 02. To praktorio - paroles: Nikos Gastos, musique: Stavros Xarqhakos 03. On a rendez-vous - paroles: François Castiello et Nano Peylet. musique: François Castiello. 04. A la roumaine - arrangement Bratsch 05. Batuda de la saucesti - arrangement Bratsch 06. Trink bruder (chanté en Yiddish) 07. Tarra's freilach - musique: Dave Tarras 08. He tchavaleï - arrangement Bratsch 09. Yabat - musique : Dan Gharibian 10. Tekes 11. Stopos tis gaïdas - traditionnel grec, arrangement Bratsch 12. Les géants parallèles - musique Bruno Girard 13. C'est la vie - paroles :Simon Abkarian musique: François Castiello 14. Melodie si hora lautareasca (traditionnel roumain) - Arrangement Bratsch 15. Postor - musique: Bruno Girard 16. Marchand de rêves - chanté en arménien 17. Postor - musique: Bruno Girard 18. Lu moundé apparteï a qui l'écouto (pré traditionnel Limousin) 19. Hanane (traditionnel Arménien) 20. Maroquinerie horo(traditionnel Bulgare) 21. Paploma (chanson grecque) Arrangement Bratsch 22. Bulg. 12 - Musique: François Castiello 23. Gradischtensko horo (Traditionnel Bulgare) Joué par l'orchestre Du cheminement de Bratsch tout a été évoqué ou presque. Il me reste le presqu'eux, le presqu'ils, le peu et le tout que je sais d'eux cinq. Trois fois rien. Deux puissance cinq que multiplie trois, des femmes, des enfants, des complices, des amis qui nourrissent une passion sans compromission et accompagnent au fil des ans la gourmandise musicale de ces leveurs de foule. Bien avant d'être au pinacle, à l'Olympia, bien avant de jouer Banco au Casino de Paris, bien avant de célébrer "l'amour de la liberté et l'angoisse de l'exil" devant un parterre de 85000 personnes à Montréal, Bratsch avait conquis ses lettres de noblesse... Certes leur métier, en artisan chevronnés les oblige à quelques galipettes, des télés, des CD, le service après-vente, des grandes scènes parisiennes, mais on sait leur opiniâtreté à ne pas être "vedettes", leur âme n'est pas à vendre. Ils monnayent un peu leur talent, ils offrent tout le reste, leurs doutes, leurs facéties et tant d'humanité. Grâce à eux, néophytes que nous sommes au-delà des Balkans et de l'Arménie, de la Russie, des Manouches, des Tsiganes, ils nous ont appris à aimer aimer, aimer la curiosité, aimer la musique, qu'elle soit d'Opéra ou du Bronx, aimer la poésie, qu'elle soit d'obscurs anonymes du passé ou paternellement contemporaine. Aimer prendre le temps de respirer, aimer paresser sans ennui, aimer trop. Bratsch n'est pas un groupe, c'est une Galaxie, par pudeur je ne dois pas confesser le nombre de mois passés à les côtoyer, par contre, je confie volontiers qu'il faudrait trop d'années à compter les rencontres qu'ils ont provoquées, initiées : des potiers, des peintres, des clowns, des maçons, des bergers, des pianistes, des musiciens, des rêveurs, une foultitude de gens rayonnants. La musique, le talent de Bratsch se conjugue au-delà des modes. Ils sont pétris de tant d'aisance, de tant de fragilité, d'une telle familière affection pour le monde qu'ils peuvent tout revisiter, inventer… Jean-François Swynghedauw Along the trail of Bratsch, nearly everything has been said. All I have left to say is almost them, nearly them ; it's the little and the all that I know of them - those five. Call it three times nothing. Or call it two to the power of five, multiplied by three, the women, the children and the knowing friendship. These are friends who nurture passion without compromise and follow, year after year, the musical greed of these crowd-pleasers. Long before their peak of success, long before their Olympia, long before playing Banco at the Casino de Paris, long before celebrating the love of freedom and the anxiety of exile, all in front of 85,000 people in Montreal, Bratsch had established its integrity and reputation. Indeed, their skill as experienced artists requires side shows… television, CDs, after sales service, grand Parisian stages. But we know their reluctance about being stars. Their souls are not for sale. They make a little money from their talents and they give all that's left : their doubts, their joy and so much humanity. Thanks to them, novices like us who live beyond the Balkans, Armenia and Russia learned to love the Gypsies, the Tsiganes. They taught us to love to love, to love curiosity, to love music, whether it's Opera or whether it comes from the Bronx. They taught us to love poetry, whether it's dark and anonymous from the past or told in a fatherly, contemporary way. They taught us to love to take the time to breath, to love to laze about without worries, to love toomuch. Bratsch is not a band. Bratsch is a galaxy. Humbly, I will not confess the hours I've spent around them. But I would like to confess that it would take countless years to relate the encounters they have started and nurtured. With potters, painters, clowns, builders, shepherds, pianists, musicians, dreamers - a crowd of radiant people. Music, Bratsch's talent, is synthesized beyond fashion and style. Bratsch is filled with such an ease of expression ; such fragility and such a familiar affection for theworld that it can revisit anything and reinvent everything. And all so we can laugh and cry, live and die and reaffirm life, reborn. Jean-François Swynghedauw |
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